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Cholestérol : lettre à ceux qui n’y comprennent rien

19 mai 2019 - Santé

Par Florent Cavaler/12 avril 2016

Source : https://www.pure-sante.info/cholesterol-lettre-a-ceux-qui-ny-comprennent-rien

Sur le cholestérol, vous avez probablement entendu tout et son contraire.

On nous dit qu’il y a le bon et le mauvais cholestérol, et puis dans la même phrase on ajoute : « Mais attention, ce n’est pas aussi simple ».

–  Ben oui, mais s’il est mauvais, ce cholestérol, on doit bien le faire baisser, non ?

–  Oui, mais attention c’est plus compliqué que ça…

Le cholestérol, c’est le flou artistique.

Mais ce flou ne serait pas dû au hasard.

D’après le Dr Jean-Paul Curtay, président de la Société de médecine nutritionnelle et auteur d’un dossier de référence sur le cholestérol [1], il s’agit d’une « embrouille médicale » orchestrée au détriment de notre santé.

Selon lui, « l’affaire Cholestérol », aurait été fomentée par un petit groupe de conspirateurs.

Leur objectif : vendre un maximum de statines, les médicaments anticholestérol

Leur problème : ces médicaments sont inutiles et dangereux

Leur solution : brouiller les pistes, faire en sorte que plus personne n’y comprenne rien.

Plus c’est gros plus ça passe, dit-on. Là, vous allez voir, c’est é-nor-me !!!!

À l’origine du « hold-up »

C’est dans une petite ville américaine proche de Harvard, Framingham, qu’a été menée à partir de 1948 une étude de long terme (poursuivie de nos jours) sur les facteurs de risques cardiovasculaires.

Elle a mis en évidence entre 1957 et 1971 quelque chose qui n’est aujourd’hui ni contesté, ni contestable : l’importance de l’hypertension artérielle dans les risques d’infarctus et d’accident vasculaire cérébral (AVC).

En 1974, cette étude désigne le diabète comme facteur de risque. Et en 1977, le cholestérol. Mais l’étude souligne aussi l’effet protecteur d’un taux plus élevé de cholestérol HDL (High Density Lipoproteins), une nuance qui a été pendant longtemps passée à la trappe.

L’industrie pharmaceutique retient seulement que :

Trois arguments fallacieux qui vont permettre de vendre un des médicaments les plus rentables de l’histoire : les anticholestérol appelés « statines ».

Un simple chiffre résume l’enjeu : l’anticholestérol Tahor a rapporté 130 milliards de dollars (cent trente milliards !!! je l’écris en lettres tellement c’est énorme) depuis son lancement en 1997… Cela méritait bien quelques arrangements avec la vérité !

Ce qui se passe quand on fait baisser le cholestérol

Le premier mensonge est d’avoir fait passer le cholestérol pour le diable en personne.

Comme si ce lipide, naturellement présent dans notre corps, n’avait aucune autre utilité que de nous boucher les artères.

Il nous faut ici une (petite) explication technique :

Nous sommes composés d’environ 100 000 milliards de cellules et chaque cellule est entourée d’une membrane composée de lipides. Or le cholestérol est un composant vital des membranes cellulaires qui joue un rôle fondamental :

Pour résumer, faire baisser le cholestérol peut altérer les capacités de la plupart des fonctions des membranes cellulaires, que ce soit le transport de nutriments ou la communication entre les organes.

Maintenant, voyons concrètement ce que ça veut dire :

C’est pourquoi les études récentes montrent que les statines augmentent les risques de diabète, lui-même un facteur de risque cardiovasculaire mais aussi d’immunodépression, de vieillissement accéléré et même de cancers !

C’est l’arroseur arrosé… Très drôle dans les films, beaucoup moins quand il s’agit de sa santé.

Et ce n’est pas tout car le cholestérol a bien d’autres utilités. Il est :

C’est à partir du cholestérol que nous fabriquons le précurseur de la vitamine D qui va être activé par l’exposition au soleil.

Or aujourd’hui des milliers d’études montrent que le manque de vitamine D est un facteur de risque d’inflammation, d’infarctus, de diabète, de pathologies allergiques, de cancers (en particulier sein, prostate et côlon), de sclérose en plaques etc.

C’est à partir du cholestérol que nous produisons la coenzyme Q10, une molécule vitale qui sert à transporter les électrons dans les mitochondries, les centrales énergétiques pour produire le moteur de toutes nos fonctions, l’ATP.

La coenzyme Q10 est par ailleurs un puissant antioxydant. Sa baisse est un facteur de raccourcissement de la longévité et il est largement démontré que les statines le font baisser de manière très significative.

Alors, vraiment, veut-on faire baisser le cholestérol à tout prix ?

Infarctus, AVC : le cholestérol a une bonne tête de coupable

Les vendeurs de statines ont un autre argument dont ils se servent dès qu’ils manquent d’idées. « Un cholestérol élevé est un facteur de risque cardiovasculaire » disent-ils.

Il est vrai que l’on retrouve du cholestérol dans les plaques d’athérome (dépôts sur la paroi interne de l’artère), mais celui-ci ne représente… que 10 % de leur contenu !

On y retrouve surtout une prolifération de fibres, des globules blancs, des cellules musculaires lisses, des plaquettes, de la fibrine, du calcium et du fer, un puissant pro-oxydant et pro-inflammatoire…

Ce qui fait dire au Dr Curtay que :

« Bien plus que la diminution du taux de cholestérol, c’est la maîtrise de l’hypertension et de l’hyperactivité plaquettaire qui est déterminante dans la prévention des infarctus et des AVC ».

Là-encore, une toute petite explication : les plaquettes sont au sang ce que les super équipes de la DDE (Direction Départementale de L’Equipement) sont à l’entretien du réseau routier.

Elles s’activent dès que le revêtement de nos parois artérielles est endommagé. Elles se collent sur la lésion, recrutent d’autres plaquettes et resserrent l’artère. Mission terminée !

Le problème est que l’activation des plaquettes est déclenchée par la moindre microlésion de la paroi artérielle. Or certains facteurs favorisent ces microlésions, et donc l’hyperactivité plaquettaire (elles doivent intervenir partout et tout le temps) :

Vous avez compris : c’est donc sur ces facteurs-là qu’il faut agir en priorité pour limiter le risque cardiovasculaire. Et les statines ne vous seront pour cela d’aucune utilité.

Voici en revanche ce que vous pouvez faire pour prévenir les problèmes futurs :

Maintenant je vous demande de bien vous accrocher à votre fauteuil, parce que la question suivante risque de vous « secouer les certitudes » (si j’ose dire)…

Et si le cholestérol préservait du cancer ?

De nombreuses études ont observé une diminution du risque de cancers lorsque les sujets affichent un taux de cholestérol total plus élevé [4].

Cela est d’autant plus frappant qu’une équipe de l’Inserm à Toulouse vient de mettre en évidence une molécule dérivée du cholestérol, appelée dendrogénine A (DDA) qui possède des propriétés anticancéreuses [5].

Si elle se confirmait, cette découverte signerait pour de bon l’acte d’innocence du cholestérol.

Mais vous allez voir qu’il en faut plus pour faire renoncer les vendeurs de l’industrie pharmaceutique.

La nouvelle cochonnerie qui débarque

Ceux-ci sont pourtant confrontés à un double problème : non seulement le cholestérol n’est pas le grand méchant loup qu’ils ont décrit, mais en plus les brevets de la plupart des statines ont aujourd’hui expiré.

Alors les stratèges des grands laboratoires vont tenter de rejouer le casse du siècle avec une nouvelle arme.

Il s’agit de la nouvelle génération de médicaments anticholestérol. On les appelle les anti-PCSK9, ce sont des anticorps monoclonaux capables de faire chuter… de moitié le cholestérol.

Boum !

Côté prix, ces anti-PCSK9 ne font pas non plus dans la dentelle : ils sont… 100 fois plus chers que les statines.

Re-boum !

Hélas, ils ont aussi toutes les chances d’être encore plus dangereux. Les premiers anticorps monoclonaux mis en circulation comme les anti-TNFalpha, le trastuzumab ou Herceptine, peuvent provoquer de sévères effets secondaires. L’efalizumab ou Raptiva, utilisé dans le traitement des psoriasis, a favorisé des infections mortelles dont des encéphalopathies : il a été retiré du marché.

Mais il faut croire que cela n’effraie personne.

Les autorités américaines viennent ces derniers mois d’autoriser la mise sur le marché du premier anti-PCSK9 de chez Sanofi et les autorités européennes ont donné un premier avis… positif. À la clé, plus de 4,5 milliards d’euros par an pour le laboratoire…

Mon avis : vous risquez d’entendre à nouveau la petite ritournelle sur la nécessité de faire baisser votre cholestérol.

Et nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

Amicalement,

Florent Cavaler