Sucre : appel à la résistance !

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Par Florent Cavaler/22 novembre 2017/

Le sucre peut faire de vous quelqu’un de plus agressif, de plus violent, de plus dangereux.

Cela paraît difficile à croire et pourtant le sucre peut prendre le contrôle de notre cerveau jusqu’à nous faire devenir quelqu’un d’autre.

Et voici comment se déroule ce coup d’état à l’intérieur de notre corps.

Dans une voiture sans frein

Pour comprendre l’attirance qu’exerce le sucre, il faut faire un petit voyage jusqu’à la base du cerveau. Il y a là un petit noyau bleuté qu’on appelle « locus coeruleus ». S’il est bleuté, c’est qu’il contient du cuivre, nécessaire à la production de noradrénaline. C’est cette substance qui est responsable de l’éveil, de l’attention, de la concentration, de la vigilance.

En cas de problème ou de menace, la noradrénaline va être sécrétée plus abondamment pour produire un état de mise en alerte. Cette vigilance augmentée est associée à une augmentation de la mobilisation des muscles, de l’oxygène (bronchodilatation), des carburants énergétiques (sucres et graisses) pour permettre des réponses concrètes aux dangers.

La noradrénaline est en quelque sorte l’accélérateur de nos pulsions.

Mais comme dans toute bonne machine, pour calmer les ardeurs de l’accélérateur il faut aussi un frein.

Notre système de freinage ABS est un neurotransmetteur qu’on appelle la sérotonine, qui a besoin de l’insuline pour être synthétisée. Une grande partie de notre équilibre personnel va reposer sur l’harmonie entre ces substances organiques.

Le problème du sucre, c’est qu’il enraye cette mécanique de notre cerveau. 

Lorsque l’on consomme des glucides lents – pain aux céréales, pâtes complètes, céréales semi complètes… – le glucose passe lentement dans le sang et fait monter progressivement l’insuline qui reste à des niveaux raisonnables et redescend progressivement. De ce fait, l’effet de la sérotonine est durable.

La pulsion est satisfaite et le système de freinage fonctionne. En d’autres termes, nous sommes à la fois comblés et apaisés.

Mais lorsque les glucides sont rapides, comme avec les boissons et aliments sucrés, c’est l’emballement moteur : le glucose monte rapidement dans le sang, faisant grimper l’insuline en proportion.

Et environ deux heures plus tard, ce glucose descend en dessous de son niveau normal de base.

C’est l’accélérateur qui s’emballe. L’effet de la sérotonine, lui, faiblit. Comme un « shoot » de drogue, l’effet du sucre est puissant et immédiat mais retombe vite. Et appelle une autre dose…

Voilà comment le sucre arrive à « prendre le contrôle ». Et le problème est qu’il peut nous faire perdre toute limite.

Le sucre qui rend… fou à tuer

Marie Asberg, une psychiatre suédoise, a montré que les patients dépressifs qui ont un taux de sérotonine bas, présentent une fréquence de passage à l’acte suicidaire beaucoup plus élevée (40 %) que les dépressifs dont les taux sont normaux (15 %).

L’équipe du Dr Markus Kruesi (Université de l’Illinois, Chicago) a découvert que chez un enfant à problème, un taux de sérotonine bas était le facteur qui prédisait le mieux un comportement criminel ou suicidaire !

C’est dire à quel point le sucre est un perturbateur qui peut être redoutable.

Mais heureusement, cette prise de pouvoir du cerveau est un phénomène réversible.

Le sucre, responsable de la délinquance des jeunes ?

Dans une étude étonnante, le criminologue Schoenthaler a démontré dans des populations de délinquants que la réduction des sucres rapides atténue les comportements violents. Suite à la réduction des aliments et boissons sucrés chez des détenus d’un centre de détention juvénile, les actes de violence ont diminué de 66 %, les tentatives d’évasion ont diminué de 84 %, et la dégradation de biens et les vols ont diminué de 51 %.

Dans une autre étude, les agressions ont diminué de 82 %, les vols de 77 %, les infractions au règlement de 23 %, et les bagarres de 13 % sur sept mois.

Ces expériences ont été reproduites dans d’autres pays, avec des résultats similaires.

Dans une école danoise d’Aarhus, on a ainsi instauré un petit-déjeuner obligatoire pour les écoliers à problème. Dans ce repas, les chips, sucreries, coca et boissons gazeuses ont été remplacés par des aliments contenant plutôt des glucides lents. Le résultat : moins de conflits, moins d’absences pour maladie, et… de meilleurs résultats scolaires.

Abolir l’esclavage

Pour réduire cet esclavage au sucre, il n’y a pas d’autre solution que de couper les chaînes et de limiter au maximum sa consommation de sucre.

La bonne nouvelle est qu’il existe d’abord d’autres « bonnes drogues », dont les goûts et saveurs valent dix fois celui du sucre (et qui sont parfaitement sains) :

  • Les glucides lents (légumes secs, céréales complètes, patates douces, manioc, courges, châtaignes, etc)
  • Les oléagineux : une poignée d’amandes ne coûte pas plus cher qu’un snack, elles sont délicieuses à croquer en cas de « petite faim » et les études scientifiques montrent qu’elles améliorent la santé cardiovasculaire.
  • Le chocolat noir (à partir de 74 %) a des effets antisurpoids, protecteurs contre le diabète et les risques cardiovasculaires
  • Etc.

Des compléments alimentaires comme le magnésium et les vitamines B sont la première base pour rééquilibrer le rapport entre accélérateur et frein pulsionnel.

D’autres moyens permettent aussi d’améliorer notre contrôle pulsionnel et réduisent la vulnérabilité aux dépendances de tout ordre : la pratique d’un sport, de yoga, de Qi gong ou de méthodes comme la respiration complète ou encore la cohérence cardiaque.

Enfin, la réalisation de soi dans un ensemble plus large de dimensions – amoureuse, sportive, culturelle, sociale – peut être facilitée par une démarche de développement personnel (lectures, ateliers, stages, thérapeute) et d’expression créative…, de même que par un engagement dans des associations.

Comme l’alcool, le tabac, les achats compulsifs, le sucre détourne de la réalisation des désirs profonds, authentiques, affectifs, sociaux, riches en vraies valeurs.

Appel à la résistance

Pour finir cette Lettre, je voulais vous faire découvrir (ou redécouvrir) cet appel à la résistance au sucre, lancé il y a maintenant deux ans par mon ami Jean-Marc Dupuis, de Santé Nature Innovation. Voici ce qu’il écrivait [1] :

« Prenez le Coca-Cola, les Snickers, les chips Lays au Paprika… des ressources considérables ont été consacrées à les rendre aussi addictifs que possible pour le consommateur. 

Ils activent notre système de récompense qui n’a pas de mal à prendre le pas sur notre raison, notre logique, et même notre éducation qui nous avait pourtant appris à ne pas nous goinfrer, à ne prendre qu’un bonbon (enfin, « je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître… »).

Et le pire, c’est que les entreprises agro-alimentaires visent en priorité les enfants, avec des emballages, des personnages et des publicités particulièrement étudiés pour les attirer, sans parler bien sûr des alliances faites avec les producteurs de films (Walt Disney, Pixar) qui font figurer leurs héros dans les boîtes et les spots publicitaires. 

Cela est particulièrement grave car, évidemment, les enfants « adorent » les bonbons. Ils sont catastrophiques pour leur santé et peuvent dérégler leur organisme avant même qu’ils aient conscience d’avoir une santé à préserver. 

Aujourd’hui, les bonbons sont partout. Les commerçants en ont sur leur comptoir et les offrent aux enfants qui passent dans leur magasin. Pas un quai de gare, de métro, qui n’ait son distributeur automatique. Dans les supermarchés, des rayons entiers sont remplis de bonbons, d’autres de gâteaux, d’autres de chips, d’autres encore de chocolat, d’autres de soda, et d’autres encore de desserts sucrés « lactés », qu’on n’ose même plus appeler yaourts ou fromage blanc, sans compter bien sûr les glaces.

Il faut du courage ! 

Nous sommes pratiquement tous touchés.

Les résistants (il y en a) sont obligés d’adopter un mode de vie parallèle, consacrant un temps et un argent démesurés à se rendre dans des boutiques spécialisées pour obtenir de simples produits alimentaires non transformés et sans produits chimiques, bios, et à préparer leur propre nourriture. Ce qui leur vaut d’être considérés comme farfelus par leur entourage.

Car en effet, il en faut du courage pour commencer à laver, éplucher ses légumes, se faire sa propre vinaigrette, son entrée, son dessert, sans jamais recourir à la facilité du plat surgelé, de la boîte de conserve, ou du paquet de chips !

Il faut du courage, oui… mais le jeu en vaut la chandelle.

Car n’en doutons pas : tôt ou tard, ce système absurde va s’écrouler. Tôt ou tard, les hommes devront revenir à un mode naturel de production et de préparation de leur nourriture.

Je ne vais faire aucune prédiction sur la date… mais j’ai mon idée. Et à ce moment-là, les résistants qui auront de saines habitudes alimentaires et auront conservé une robuste santé, naturellement, se diront « merci ». »

Deux ans après cet appel, je ne peux que le relayer à nouveau en espérant que vous le diffuserez autour de vous !

Plus nous serons nombreux à prendre conscience de la gravité du problème du sucre, plus la « date d’écroulement » de ce système absurde se rapprochera. Les murs se fissurent déjà, mais pour qu’ils s’effondrent, il faut continuer à faire entendre notre voix.

Alors transmettez ce message à vos proches, vos amis, vos connaissances.

Je publierai dans ma Lettre toutes vos idées de recettes, vos bonnes habitudes, celles que vous avez transmises à vos enfants pour remplacer le sucre et mettre fin à cet esclavage imposé (tout en se régalant).

Amicalement,

Florent Cavaler