Explication du processus corporel du jeûne

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Le corps humain peut fonctionner environ 48h avec les réserves contenues dans le système digestif. Passé ce délai, il doit trouver une autre solution.

Ce qui n’est pas mal, c’est que tout est prévu dans notre corps… 😉

En avançant dans les expériences de jeûne, j’ai découvert petit à petit un immense pouvoir qui sommeillait en moi (en nous tous). Je me souviens encore d’avoir vu un film ou les protagonistes étaient perdu en forêt et faisaient remarquer que les choses étaient désespérées parce qu’ils ne leurs restait que “2 jours de vivres”.
Lorsque l’on fait l’expérience de ne pas s’alimenter durant 30 jours, et que l’on constate que nous nous portons encore bien, que l’on peut tout à fait effectuer des tâches et prendre soins de nous, cela remet les choses en perspectives. Maintenant, si je ne me dis que je n’aurais rien à manger durant deux semaines, ce ne sera pas forcément très rigolo, mais ce n’est pas grave.

Le processus :

Durant les premières 48 heures, le corps consomme ses réserves. L’on ressent lors de la première expérience une foultitude d’émotion, car en général à notre époque, jamais nous n’avons subis de privation de nourriture aussi longue dans notre vie. J’ai souvent entendu ou lu que beaucoup de premières expériences s’arrêtaient durant ces deux premiers jours, le plus souvent parce que les protagonistes ne connaissaient pas suffisamment le processus. Dommage.

Que se passe-t-il au-delà des premières 48 heures de jeûne ?

Le 3ème jour, c’est un peu la panique à bord, surtout si le corps n’a jamais vécu cela durant des années d’existence. Principalement dans nos société “glucidique”, le corps tombe en manque de sucre, qu’il soit raffiné en carré, de provenance féculent (patate, pain, etc.) ou de fructose (fruit, miel).
Cela s’appelle hypoglycémie, mais en réalité cela s’apparente exactement au manque de cocaïne ou d’alcool. Simplement, on préfère être normal que drogué, non ?
Mais, même si vous êtes en régime cétogène et que vous avez depuis longtemps remplacé les glucides dans votre organisme, ce sera moins violent, mais néanmoins un peu plus dur que les jours qui suivront.

Le 3ème jour, le corps se rend compte qu’il ne peut plus se nourrir à partir du bol alimentaire quotidien et met en place un système d’urgence pour que nous ne dépérissions pas.

J’ai lu il y a quelque année dans un article du “Monde”. Un article écrit par un grand médecin français. Il y écrivait qu’au-delà de 4 heures sans manger, nous entrons en état “d’inanition” et que c’était dangereux… quelle foutaise !
L’inanition est un état dangereux pour le corps, un état ou le corps ne se nourrit plus et risque de mourir. Ce n’est pas du tout ce qui se passe en réalité durant un jeûne, c’est même le contraire (je peux témoigner, je n’ai rien mangé durant 28 jours et tout allait bien, et à continué à aller mieux ensuite).

Le 3ème jour (hé oui, encore une fois), c’est la transition. L’on se sent faible, pas bien et je conseille vivement de s’organiser pour que ce jour tombe sur un jour ou l’on peut rester au lit ou sur le canapé, ne surtout pas prévoir une visite du marché de Noël ou que sais-je encore.

Le 4ème jour (enfin !). Le 4ème jour, c’est vraiment là que l’on se rend compte de ce qu’est réellement le jeûne, car après avoir vécu deux jours ou l’envie de manger était très présente, puis un jour ou l’on était dans un état proche de grippal (faiblesse, aucune envie de rien), on se sent mieux.

On se sent mieux, plus posé et énergétique que le jour précédent. Ce qui s’est passé durant les 48 dernières heures, c’est que le corps a mis en place une méthode de fonctionnement autonome, ou il puise ses nutriments au sein de ses propres réserve et non plus dans le bol alimentaire quotidien. Avant, c’était probablement les glucides qui permettait à votre cerveau de fonctionner, maintenant, ce sont des corps “cétonique”, fabriqué avec ~95% de graisse ~5% de protéines, puisée dans les muscles non vitaux. Ce processus est appelé “autolyse” ou “autophagie”

Tous les jours qui suive jusqu’à la fin du jeûne, l’on se sent à peu près comme au 4ème jour… je l’ai lu partout et je peux vous le confirmer. Je ne me sentais pas plus mal au 28ème jour qu’au 4ème

Ce qui se passe en fait, ce n’est pas l’inanition, vu que le corps se nourrit toujours, mais de l’intérieur et peut fonctionner assez longtemps dans cet état… cela dépend du poids de départ de la personne.

J’ai lu de grandes inepties concernant le fait que durant le jeûne le cœur ou encore l’estomac allaient être utilisé et seraient “dévoré”. C’est faux, rien de tout cela ne se produit, et c’est d’ailleurs ce qui rend le processus intéressant pour nous :
L’autolyse utilise d’abord tous les tissus qui ne sont pas en bonne santé et tout ce qui est “étranger” (comme les tumeurs, les kystes, fibromes, etc.). C’est un formidable outil de guérison, pour autant qu’il soit effectué au REPOS !
L’on peut être actif durant le jeûne, mais pendant ce temps, l’énergie que nous avons à disposition est dirigée vers le muscles et non pas vers la guérison en profondeur. C’est aussi un processus de détoxification, ou le corps se débarrasse de beaucoup de corps étranger (polluants, métaux lourds accumulés, etc.)

Ce qui est important aussi, c’est que ce processus de guérison est automatique, c’est le corps lui-même qui décide ce qui va se passer et quel organe sera concerné. On peut très bien entreprendre un jeûne pour tenter de guérir une rhinite et que cela ne fonctionne pas. Il ne faut surtout pas croire que c’est impossible, c’est simplement que votre corps sait qu’il y a des “chantiers” plus urgent à prioriser. Par exemple, un cancer existe déjà 8 ans avant qu’il ne soit détectable par la médecine.
Et il y aurait bien d’autre exemple de chose qui nous arrivent et que l’on n’a pas encore remarqué. Donc, si l’on n’est pas guéris de ce que l’on voulait au début, il faudra probablement d’autres jeûnes.
Beaucoup de bienfait se font aussi remarquer après le jeûne, parfois inattendu (le jeûne influence grandement la psyché, chose qui n’apparaît pas forcément une évidence quand on s’abstient de manger  )

Il est évident que des décennies de tabac, de consommation d’alcool (même modérée), de nutrition moderne et de manque d’activité physique ne peuvent pas être “Reseté” avec un seul jeûne, même s’il est de 40 jours.

Au bout d’un certain temps, il y a pourtant un moment où le corps va entrer dans l’inanition, c’est à dire dans un processus mortel. Hé oui, nos réserves ne sont pas inépuisables !
Ce que je vais écrire n’est encore que théorique pour moi, car je n’ai jamais expérimenté cela, mais je l’ai lu chez tous les experts qui du jeûne.

Lorsque le corps à consommer 80% de ses réserves de graisse, survient un phénomène de survie que les spécialistes nomment “la grande faim”. C’est un protocole de sécurité qui indique au corps que s’il ne recherche pas maintenant de la nourriture extérieure (alors qu’il lui reste encore ~20% de graisse en réserve), il va mourir rapidement… et cette fois, c’est ce que l’on nomme “inanition”.

Quand on commence un jeûne, il ne faut pas trop s’inquiéter de cela avec nos modes de vie occidentaux. Pour donner une idée, il est souvent cité en exemple qu’un homme mesurant 1.70 m et pesant 70 kg possède les réserves de graisse suffisante pour jeûner 40 jours.
C’est largement sécure selon moi, car j’ai pu effectuer par hasard exactement le même comparatif lors de mon dernier jeûne :

Je mesure 1.78 m et pesait au début de mon jeûne 78kg. Après 28 jours, je pesais 65kg, 13 kg de moins. Il est important de savoir que la perte de poids n’est pas régulière dans la durée: on perd beaucoup plus de poids durant les 2 premières semaines :

Durant mon expérience, j’ai perdu :
Semaine 1: 5kg
Semaine 2: 4 kg
Semaine 3: 2.5 kg
Semaine 4: 1.5 kg

J’ai fait un calcul très simple pour voir jusqu’où j’aurais pu continuer (si j’avais eu suffisamment de vacance, car c’est pour cette raison que j’ai mis fin à mon jeûne !)

Calcul sans prise de risque, car effectué d’après l’indice de masse corporelle : Il est considéré par la médecine normal entre 18-25. Si je reste dans la norme, j’atteindrai 18 au poids de 58 kg. J’aurai pu perdre encore 7 kg. Au rythme d’1.5 kg par semaine, (peut-être moins ensuite), j’aurais probablement pu tenir encore 5 semaines, ce qui aurait fait au total ~65 jours – SANS RIEN AVALER !
Plus de deux mois, et cela juste en restant dans la “norme” sécure de l’indice de masse corporel.
En réalité, je pense que la grande faim ne surviendrait encore que bien plus tard.

Je ne jeûne pas par plaisir ou pour établir un record, mais simplement parce que je poursuis l’objectif suivant :
Durant le jeûne, il y a des symptômes clairs du travail qui s’effectue en interne :
Langue très blanche, goûts bizarre, haleine de fauve, urines très colorées. Les émonctoires sont fortement sollicités par le processus de détoxination (Foie, poumons, reins, peaux, intestin). On a le teint terne, au visuel on ne respire pas la santé, ce qui peut faire peur à nous proches. Mais ceci n’est que temporaire et cela n’ira que beaucoup mieux à la reprise.

Normalement, un jeûne ne devrait être interrompu que si une des deux conditions suivantes est atteinte :

– Le corps signale que le processus d’élimination / guérison est terminé. La peau devient magnifique, le teint est rose, l’haleine fraîche.
– La grande faim apparaît car le corps n’a pas fini son processus d’élimination / guérison mais il ne dispose plus des ressources nécessaires pour continuer.

Je n’ai donc jamais atteint l’une ou l’autre de ces conditions, et j’aimerais bien le faire ! cela me laissera plein de projet pour ma retraite dans ~15-16 ans ! j’aurai enfin du temps à disposition (ou peut-être pas, allez savoir 😉 )

Une étape très importante à la fin du jeûne et la réalimentation. C’est à mon avis le seul danger que pourrait courir un jeûneur, même sur un petit jeûne de 7 jours. Ne vous lancez pas dans un premier jeûne sans vous être bien documenté sur la réalimentation. Il n’y a pas de lois fondamentales, mais par sécurité les aliments doivent être réintroduit dans un certain ordre et dans un certain laps de temps pour éviter des problèmes digestifs.
J’y consacrerai un article “succinct” prochainement !

Mon meilleur conseil est de ne pas jeûner sans avoir au préalable consulter un ouvrage sur le jeûne, comme l’excellent livre de Nicole Boudreau “Jeûner pour sa santé”.

JFD